La gestion de l’Assurance Maladie obligatoire et de l’Assurance Maladie complémentaire est un acquis fondamental des étudiants. Elle constitue une part essentielle de leur accès à l’autonomie mais ne suffit pas pour autant à prendre en compte l’ensemble de leurs besoins. La diversification des parcours de formation, le développement du salariat étudiant ou encore le recul de l’âge du premier emploi stable ont fait émerger de nouveaux risques sociaux dans la jeunesse sans qu’à aucun moment ne soit posée la question de leur prise en charge.
    Et s’ils ont accès aux branches maladies et familles de la Sécurité sociale, les jeunes demeurent exclus des autres champs de la protection sociale durant toute la durée de leur insertion.
    Cette table-ronde se propose de confronter ces enjeux au périmètre actuel du Régime Étudiant de Sécurité. Alors que le financement de pans entiers de la vie des jeunes dépend à l’heure actuelle de leur activité salariée, des aides familiales voire des prêts bancaires, il s’agit de définir ici les nouveaux droits qu’une refonte du régime doit ouvrir prioritairement aux jeunes.

    Développer l’accès au régime complémentaire

    Permettre à tous les jeunes d’accéder à un haut niveau de couverture santé, est devenu indispensable. Il n’est pas normal que les jeunes soient une des seules catégories de la population à devoir prendre en charge seule sa couverture maladie complémentaire. La création d’un chèque santé, accessible à tous les étudiants et géré par les CROUS, permettrait ainsi aux étudiants d’accéder à une complémentaire santé adaptée à leurs besoins sans avoir à avancer d’argent.

    Renforcer le régime obligatoire : Tiers payant et tarif opposable

    Les jeunes ont des difficultés à opérer l’avance de frais quand ils se rendent chez le médecin. Public précaire, ils n’ont, en effet, par nature pas de ressources financières. Les jeunes doivent se voir ouvrir le droit au Tiers Payant afin de leur permettre de se soigner sans faire l’avance des frais. Le coût d’accès aux soins se renchérit d’année en année notamment sous l’effet de l’explosion des dépassements d’honoraires. Il convient de proposer l’opposabilité du tarif de base de la sécurité sociale pour tous les bénéficiaires du régime étudiant de sécurité sociale.

    Ouvrir de nouveaux champs de protection

    La gestion de l’assurance maladie obligatoire et de l’assurance complémentaire constitue une part essentielle de leur accès à l’autonomie. Toutefois ces dispositifs ne recouvrent pas l’ensemble des risques sociaux auxquels sont confrontés les jeunes. Il s’agit de travailler à un élargissement des droits ouverts par le paiement de la cotisation sociale étudiante (qui malgré son inflation ces dernières années, n’a pas vu les missions qu’elle recouvre s’élargir). La période d’insertion professionnel caractéristique de la jeunesse doit être protégée en permettant aux mutuelles de jeunes de prendre en charge la délivrance de l’aide à la recherche du premier emploi. De plus, La prise en compte des années d’études, ont pris une large place dans le débat de la réforme des retraites. Dans ce cadre les mutuelles étudiantes pourraient prendre en charge ces missions et assurer la gestion de la prévoyance pour les étudiants.

    Avec la participation de:

    Eric Aubin

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    Thierry Beaudet

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