La deuxième moitié du XXème siècle a vu l’émergence d’une nouvelle classe d’âge, celle de la jeunesse, avec la massification des études et plus récemment l’existence d’une période d’insertion avant l’entrée sur le marché du travail. Traversée par des multiplicités, la jeunesse partage pourtant une même aspiration à l’autonomie, à faire ses propres choix de vie, à pouvoir agir sur son avenir.

    Peu reconnus les jeunes sont exclus de la plupart des dispositifs de protection collective. La mise en sécurité sociale de la jeunesse, doit pourtant être une priorité, et celle-ci ne peut passer que par la création d’un statut sociale. Plus de 3 millions de jeunes se forment chaque année ou sont en recherche d’emploi. Pourtant, durant cette période, peu bénéficient des outils leur permettant d’accéder pleinement à l’autonomie. Le système d’aide sociale exclu ainsi 70% des étudiants, les jeunes ne sont pas concernés par les minima sociaux étant donné que le RSA n’est pas accessible au moins de 25 ans.

    Première pierre du statut social des jeunes, le régime étudiant de sécurité sociale représente l’exception à ce trou noir de protection. Seul outil pensé pour répondre aux spécificités de jeunes et les accompagner vers la prise d’autonomie et le droit commun, il permet à tous les étudiants de gérer leurs affaires de santé de manière autonome, et indépendamment de leur situation familiale, tout en faisant partie intégrante du régime général d’Assurance Maladie.

    Cependant, les jeunes peinent à reconnaître l’efficacité de leur système de protection sociale. Méconnu, mal maîtrisé, sous financé et fragilisé le RESS ne permet plus de répondre correctement aux besoins sanitaires des jeunes et ne remplit pas suffisamment ses missions de protection.

    Depuis quelques années, la situation sanitaire des jeunes dégradée, le recul dans l’accès au droit, l’inadaptation des dispositifs s’accompagnent d’une perte de confiance dans la solidarité nationale. Si les jeunes sont en meilleure santé que le reste de la population, leurs conditions sanitaires et sociales se sont particulièrement dégradées. Ainsi, un jeune sur deux ne croit plus que le système de soins permet d’être soigné quel que soit ses revenus.

    Demain, c’est donc prendre le risque de voir désavouer l’ensemble de la Sécurité sociale. Face à ce constat, les jeunes sont pourtant davantage mobilisés par les politiques publiques pour justifier en leur nom les mesures d’économies que pour mettre en œuvre un statut social qui leur reconnaisse des droits fondamentaux.

    Pourtant afin de mettre en sécurité sanitaire il nous faut défendre et renforcer le RESS pour qu’il soit la première pierre d’une protection sociale de la jeunesse encore à construire. Conquis et géré par les étudiants, il participe à l’autonomie des jeunes en leur permettant de gérer eux même leur santé et d’accéder à la solidarité intergénérationnelle. Fragilisé ces dernières années, régulièrement critiqué pour sa complexité, il fait surtout figure de parent pauvre de la protection sociale.

    Au regard des enjeux sociaux qui traversent pourtant la jeunesse, et au travers d’elle toute la société, l’enjeu de cet évènement et plus particulièrement de cette table ronde est de réfléchir à la manière dont le RESS peut contribuer à répondre aux défis de l’autonomie et de la solidarité. 

    Avec la participation de:

    Jean-Marc Germain

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    Laure Delair

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    Yaelle Amsellem Mainguy

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